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Réglementation des meublés de tourisme : comment protéger votre parc face à la loi Le Meur

8 min de lecture
Sommaire

⚠️ Avertissement. Ce guide est informatif et ne constitue ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. La réglementation évolue rapidement et varie d'une commune à l'autre. Vérifiez toujours les règles auprès de la mairie concernée et faites-vous accompagner par un professionnel (notaire, avocat, expert-comptable) avant toute décision.

En bref : la loi du 19 novembre 2024 (dite « loi Le Meur ») a profondément durci le cadre des meublés de tourisme. Cinq changements pèsent sur votre activité : l'enregistrement obligatoire généralisé (au plus tard le 20 mai 2026), la possibilité pour les communes d'abaisser les nuitées de 120 à 90 jours, un durcissement fiscal sévère, l'arrivée du DPE, et des pouvoirs locaux élargis. Une mairie peut effectivement bouleverser votre parc : mais ceux qui maîtrisent ces règles transforment la contrainte en avantage concurrentiel.

Pourquoi la réglementation est devenu votre risque n°1

Pendant des années, le meublé de tourisme a profité d'un flou réglementaire et d'une fiscalité très avantageuse. C'est terminé. La loi Le Meur (loi n° 2024-1039) marque un tournant : son objectif assumé est de rééquilibrer le marché en faveur de la location longue durée, donc de freiner la location de courte durée.

Le danger pour vous n'est pas théorique. À Hendaye, l'application des nouvelles règles a fait passer le nombre de meublés touristiques actifs de près de 1 000 à un peu plus d'une centaine. Une délibération municipale peut, du jour au lendemain, rendre une partie de votre parc inexploitable.

La bonne nouvelle : la complexité fait fuir les amateurs. Le gérant qui maîtrise ces règles devient indispensable à ses propriétaires. Voici ce qu'il faut comprendre, puis comment protéger votre parc.

1. L'enregistrement obligatoire, partout, d'ici mai 2026

Jusqu'ici, seules certaines communes imposaient un numéro d'enregistrement. Désormais, la déclaration en mairie devient obligatoire sur tout le territoire, y compris pour une résidence principale, au plus tard le 20 mai 2026, via un portail national unique qui remplacera les téléservices locaux.

Concrètement :

  • Tout meublé doit être déclaré et obtenir un numéro à faire figurer sur chaque annonce.
  • Pour une résidence principale, le propriétaire devra prouver qu'il s'agit bien de sa résidence principale (avis d'imposition à l'adresse).
  • Les mairies pourront suspendre le numéro d'un logement insalubre et exiger des plateformes le retrait de l'annonce.

Ce que ça change pour vous : plus aucun bien « sous le radar ». La conformité administrative de chaque logement devient un prérequis à l'exploitation.

2. La baisse des nuitées : de 120 à 90 jours

Pour une résidence principale, le plafond de location en meublé de tourisme était de 120 jours par an. Depuis le 1er janvier 2025, les communes peuvent, par délibération motivée, l'abaisser à 90 jours.

Le dépassement du quota expose à une amende civile pouvant atteindre 15 000 €.

Ce que ça change pour vous : un bien en résidence principale dans une commune qui passe à 90 jours perd un quart de sa capacité locative légale. Il faut connaître, commune par commune, le plafond applicable.

3. Le durcissement fiscal : la fin de la « niche Airbnb »

C'est le coup le plus direct sur la rentabilité. Pour les revenus perçus à partir du 1er janvier 2025, le régime micro-BIC est nettement durci :

  • Meublés classés (et chambres d'hôtes) : abattement ramené de 71 % à 50 %, avec un plafond de revenus abaissé de 188 700 € à 77 700 € (relevé à environ 83 600 € pour 2026).
  • Meublés non classés : abattement réduit de 50 % à 30 %, avec un plafond effondré de 77 700 € à 15 000 € par an, un alignement quasi total sur la location nue.

Autre coup dur en cas de revente : pour les loueurs en meublé non professionnel (LMNP), les amortissements déduits sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value (pour les cessions à compter du 15 février 2025), ce qui augmente l'imposition à la vente.

Ce que ça change pour vous : le classement du meublé de tourisme devient un levier fiscal majeur (50 % d'abattement contre 30 %). Conseiller le classement à vos propriétaires est désormais un vrai service à valeur ajoutée.

4. Le DPE débarque sur la courte durée

Les meublés de tourisme échappaient au diagnostic de performance énergétique. C'est fini. La loi les soumet progressivement aux mêmes exigences que les logements classiques :

  • Les nouveaux meublés mis en location en zone tendue et soumis à autorisation de changement d'usage doivent respecter un seuil de DPE (classement entre A et E).
  • À partir du 1er janvier 2034, tous les meublés de tourisme devront être classés entre A et D. Les propriétaires ont donc une fenêtre pour rénover.
  • Le non-respect expose à une amende pouvant atteindre 5 000 € par logement.

Les modalités exactes et le calendrier intermédiaire du DPE font l'objet de précisions réglementaires : vérifiez la règle applicable à chaque bien auprès de la mairie et d'un professionnel.

Ce que ça change pour vous : les passoires énergétiques de votre parc ont une date de péremption. Il faut auditer les DPE dès maintenant et planifier les travaux à l'horizon 2034.

5. Les pouvoirs élargis des communes (le vrai facteur de risque)

C'est ici que se loge votre plus grande exposition : la loi a considérablement renforcé les prérogatives des maires. Une commune peut désormais :

  • Fixer des quotas de meublés de tourisme, notamment en zone tendue ou si elle compte plus de 20 % de résidences secondaires.
  • Réserver des secteurs de son plan local d'urbanisme aux résidences principales (« servitude de résidence principale »).
  • Étendre l'autorisation de changement d'usage : ce dispositif, jadis réservé aux grandes villes, peut maintenant être adopté par n'importe quelle commune sur simple délibération, sans accord du préfet.
  • Abaisser les nuitées à 90 jours et suspendre des numéros d'enregistrement.

Côté copropriété : depuis le 21 novembre 2024, un copropriétaire doit informer le syndic de son activité, les nouveaux règlements doivent se prononcer explicitement sur le meublé de tourisme, et les règlements existants peuvent désormais être modifiés pour l'interdire à la majorité des deux tiers (contre l'unanimité auparavant).

Ce que ça change pour vous : votre parc ne doit pas dépendre d'une seule commune ni d'une seule copropriété. La veille réglementaire locale devient une fonction vitale de votre métier.

Comment protéger votre parc : le plan d'action

Voici la méthode pour transformer cette menace en process maîtrisé.

  • Cartographiez la réglementation commune par commune où vous opérez : plafond de nuitées en vigueur, changement d'usage, quotas, zones réservées. C'est votre carte des risques.
  • Auditez le statut de chaque bien : résidence principale ou secondaire, zone tendue ou non, soumis ou non au changement d'usage.
  • Anticipez l'enregistrement national (échéance du 20 mai 2026) : mettez tous vos biens en conformité avant la date, numéro affiché sur chaque annonce.
  • Lancez un audit DPE de tout le parc et planifiez les rénovations à l'horizon 2034, en priorisant les biens les moins bien classés.
  • Optimisez le volet fiscal avec un expert-comptable : étudiez le classement des meublés (50 % vs 30 % d'abattement) et le régime le plus adapté à chaque propriétaire.
  • Diversifiez géographiquement votre parc : ne concentrez pas votre activité sur une seule commune susceptible de durcir ses règles.
  • Mettez en place une veille réglementaire : suivez les délibérations des conseils municipaux de vos communes (elles sont publiques).

Transformer la contrainte en avantage concurrentiel

La plupart de vos concurrents subissent la réglementation, l'ignorent ou en ont peur. Soyez celui qui la maîtrise et rassure.

Un propriétaire terrifié à l'idée d'une amende de 15 000 € ou d'un parc devenu illégal cherche avant tout quelqu'un qui sécurise sa situation. En devenant l'expert qui garantit la conformité, anticipe les évolutions et optimise la fiscalité, vous vendez ce qui n'a pas de prix : la tranquillité d'esprit. La réglementation cesse d'être votre menace pour devenir votre meilleur argument.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la loi Le Meur change pour les meublés de tourisme ? Elle généralise l'enregistrement en mairie, permet aux communes d'abaisser les nuitées à 90 jours, durcit la fiscalité (abattements réduits), soumet les meublés au DPE et renforce fortement les pouvoirs des maires (quotas, changement d'usage).

À partir de quand l'enregistrement en mairie est-il obligatoire partout ? La déclaration devient obligatoire sur tout le territoire, y compris pour les résidences principales, au plus tard le 20 mai 2026, via un portail national.

Combien de jours peut-on louer une résidence principale en meublé de tourisme ? Le plafond national est de 120 jours par an, mais les communes peuvent l'abaisser à 90 jours depuis le 1er janvier 2025. Le dépassement expose à une amende pouvant atteindre 15 000 €.

Quel est le nouvel abattement fiscal des meublés de tourisme ? Depuis les revenus 2025 : 50 % pour les meublés classés (au lieu de 71 %) et 30 % pour les non classés (au lieu de 50 %), avec des plafonds de recettes nettement abaissés.

Le DPE est-il obligatoire pour la location courte durée ? Oui, progressivement : un seuil minimal s'applique déjà aux nouveaux meublés en zone tendue soumis à changement d'usage, et tous les meublés devront être classés entre A et D au 1er janvier 2034, sous peine d'amende.

En résumé

La loi Le Meur a fait de la réglementation le risque numéro un de votre métier : enregistrement généralisé d'ici mai 2026, nuitées abaissables à 90 jours, fiscalité durcie, DPE imposé et pouvoirs municipaux élargis. Oui, une mairie peut bouleverser une partie de votre parc. Mais c'est précisément parce que le sujet est complexe et anxiogène qu'il représente votre plus grande opportunité : cartographiez vos communes, mettez vos biens en conformité, optimisez la fiscalité et faites de la maîtrise réglementaire votre argument numéro un. Pendant que vos concurrents subissent, vous, vous rassurez.

Rappel : ce contenu est informatif et non un conseil juridique ou fiscal. Vérifiez chaque situation auprès de la mairie concernée et d'un professionnel qualifié.

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